jeudi 15 janvier 2009

Drink Me...

pic: Alice___Drink_Me__by_hallopino_on deviantART

T’es comme un type à une dégustation d’alcools artisanaux.

T’arrives sur place, c’est mignon, l’ambiance y est, tout le monde est sympa, tout est joliment présenté. Tu goûtes à tout. Certains alcools te plaisent plus que d’autres. Tu achètes tes coups de cœur. Tu veux pouvoir les déguster en entier par la suite. Au plus tu avances dans la dégustation, au plus tu t’enivres. Tu perds un peu le contrôle de la situation. Et au plus tu goûtes et tu t’enivres, au moins ta capacité à goûter les différentes saveurs est précise. Ta perception est telle que tu achètes quand même. La bouteille est belle, sa présentation aussi. Il y a celles que tu ne finiras pas. Trop écœurant. Il y a celles que tu videras. Tu ne regretteras pas. Mais tu n’en rachèteras pas. Il te faut autre chose.

Tu vois d’autres bouteilles. Moins bien présentées mais leurs saveurs sont plus rares et t’intriguent. Tu as envie d'y goûter. Toutefois, les prix sont moins abordables. Peu de gens en ont achetées. Tu goûtes quand même quitte à ne pas en acheter. Le goût est subtil, fin. Cette saveur te fait sourire. Elle te plaît. Son prix excessif te frustre néanmoins. Tu essaies alors de marchander. Tous les stratagèmes sont bons. Il te la faut. Tu veux ramener la bouteille et la savourer en entier. Tes propos illusionnent. Ils font croire que tu es sur le point d’acheter, de conclure. Tes moindres mots tentent de séduire pour avoir. Tu imposes tes dires et amènes l'hésitation. Tu la veux, tu l’auras. Rien n'y fait. Tu ne peux pas.

En attendant, tu continues à faire le tour des autres saveurs. Tu goûtes sans réellement goûter, car tu as trop goûté. Toutes les saveurs sont quasi identiques. Tu ne le réalises pas. Tu es trop saoul d’avoir goûté. Cela te semble tellement bon sur le moment. Tu achètes ces bouteilles tant que les prix restent abordables.

Tu n’as pas oublié la bouteille plus onéreuse. Elle n’a pas eu le temps de t’écœurer. Tu y retournes. Tu veux y goûter à nouveau. Tu as besoin de savoir si ton souvenir t’as trompé. Non. Cette saveur te fait toujours sourire. Tu essaies de marchander à nouveau. Non. Son prix ne descendra pas. Tu es tenté de la voler. Mais tu gardes ton honneur. Quitte à être sur place, autant en reprendre d’autres, moins savoureuses, moins rares mais tout de même délicieuses.

Tu économiseras. Tu retourneras. Tu as besoin de l’avoir en entier.

Seulement. Tu y retournes toujours trop tôt. Tu n’as pas économisé suffisamment. Tu n'es toujours pas convaincant. Mais tu y retournes. Juste pour goûter. Tu sais que tu vas te retourner. Tu sais que tu ne résisteras pas aux nouvelles saveurs présentées. Si tentantes.

Tu économiseras. Tu retourneras

Enfin. Tu économises suffisamment. Tu y retournes. Tes allées et venues furent nombreuses. Tu n’en es toutefois jamais ressorti pleinement satisfait. Cette fois c’est la bonne. Tu ne sors pas ton baratin habituel. Tu étales ce que tu as. Tout ce que tu as, non sans fierté. Le vendeur te sourit pour encourager tes efforts. Il n’y en a plus. A un jour près. Tu y étais. A un aller-retour près.
Tu y étais.

3 commentaires:

Stif a dit…

C'est de toi? Très chouette texte, belles métaphores ;-) et la photo de ton blog est super aussi! Bizz

freckles* a dit…

Oui c'est de moi^^ meurci! Par contre la photo de mon blog, c'est certes une niak, mais ça n'est pas moi (je précise =))

freckles* a dit…
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